AG Cooperl: une stratégie confortée pour préparer demain

30 août 2019 - Claire Walbecque

L’assemblée générale de Cooperl, qui a eu lieu en juin dernier, a été l’occasion de faire le bilan de l’année 2018. Conclusion : choix stratégiques confortés avec un chiffre d’affaires et un résultat en hausse malgré une conjoncture bien difficile. C’est donc avec optimisme que la coopérative aborde les défis, mais aussi les opportunités, de demain.

Organisée le 14 juin dernier à Lamballe (22), l'assemblée générale du groupe Cooperl a fait salle comble.

Montée en gamme, compétitivité et valeur environnementale. Voilà comment peut-être résumée la stratégie de Cooperl mise en place depuis quelques années. L’année 2018 vient de la conforter. Le chiffre d’affaires du groupe est en hausse, atteignant 2,3 milliards d’euros (2,2 en 2017), tout comme le résultat, annoncé à 16 millions d’euros, contre 14 l’année précédente. Les investissements sont restés soutenus avec pas moins de 75 millions d’euros en 2018 (80 en 2017). « La stratégie fonctionne. Nos chiffres sont globalement acceptables dans un contexte plutôt difficile », a indiqué Emmanuel Commault, directeur de la coopérative, lors d’une conférence de presse le 7 juin dernier en amont de l’assemblée générale du groupe.

2018 : une conjoncture difficile

Cooperl a récemment changé de logo. Il se veut « simplifié et plus moderne ».

En effet, 2018 reste une année à oublier pour les producteurs. « Le prix moyen du porc Cooperl est de 1,184 €/kg, soit 18 cts de moins qu’en 2017. Les dégâts dans les trésoreries sont lourds, mais les éleveurs ne se sont pas découragés », a indiqué Patrice Drillet, président de la coopérative. Pour preuve, malgré ce contexte de crise, la production de porcs de ses 2 700 éleveurs adhérents a progressé de 1,09 %. « Que ce soit l’indice de consommation, le prix du porc payé (plus-values comprises), la prolificité ou la marge brute, tous les feux sont au vert et vont nous permettre de profiter pleinement de la remontée des cours », a-t-il ajouté. Aujourd’hui, quatre exploitations adhérentes sur cinq sont en production de porcs « bien-être » et un tiers de la production s’inscrit dans la démarche « Porc élevé sans antibiotique ». L’entreprise s’est également lancée dans le porc bio élevé sur paille. « En bio, nous avons mis en place une dynamique et plusieurs candidats à la conversion. Mais, nous entrevoyons une croissance raisonnée, car il n’est pas question de se mettre dans le rouge », insiste le président. En parallèle, et d’une façon générale, le marché français a été également moins favorable en 2018  sur les ventes avec une baisse de la consommation de viande fraîche et de produits de charcuterie. Pour autant, les produits élaborés ont continué d’évoluer favorablement. Emmanuel Commault n’a d’ailleurs pas omis de rappeler que « les défis macro-économiques persistent avec notamment, une distorsion de concurrence fiscale, sociale et environnementale et une mutation de la demande qui impacte la consommation de viande ».

 

Patrice Drillet et Emmanuel Commault, respectivement président et directeur général de la Cooperl.

Préparer demain

Ainsi, pour consolider sa filière, Cooperl a acquis de nouveaux actifs en 2018 et début 2019: la société Berneau à Rungis pour la distribution, la marque Jean Caby pour la salaison et la société Vereijken (à hauteur de 50 % du capital) pour les équipements d’élevage. Par ailleurs, la marque Madrange se positionne désormais au rayon boucherie dans une démarche sans conservateur et sans additif ajouté et Brocéliande sur le marché bio origine France. Les financements effectués sur le pôle salaison semblent en bonne voie pour rétablir un résultat à l’équilibre. De plus, deux projets phares ont également abouti : le méthaniseur de Lamballe, inauguré le 13 juin dernier et la plateforme logistique de Plestan, usine de préparation de commandes et d’expédition, qui le sera bientôt. Le bien-être animal ne serait pas non plus en reste : il semblerait que certaines de leurs marques pourraient porter des allégations très fortes en ce sens… « Au total, ce sont 75 millions d’euros qu’il a fallu mobiliser pour poursuivre notre modernisation », souligne Patrice Drillet. Avant d’ajouter : « Pour les années à venir, nous devons tenir ce rythme si nous voulons accompagner les changements de mode de consommation et de distribution des produits alimentaires en France et dans le monde ». D’ailleurs, la liste des projets est longue : traçabilité augmentée, production de porcs issus d’exploitation à Haute Valeur Environnementale avec un objectif de certifier dix exploitations en 2020, internationalisation avec notamment de nouveaux projets d’usine de troisième transformation en Chine et la construction d’une deuxième unité de méthanisation. Sur ce dernier point, une étude de faisabilité est en cours sur le site de Montfort-sur-Meu (35).

Changement de donne annoncé

En attendant, 2019 sera une année de « changement de paradigme », prévient le directeur. Les ravages de la peste porcine africaine en Chine, ou même en Asie d’une manière générale, ont fait repartir les cours à la hausse. « Si les prévisions sont justes, et au-delà d’une période d’ajustement des prix dans laquelle nous sommes, nous allons vers un nouvel équilibre. Si on arrive à protéger notre marché français, les éleveurs vont avoir un peu d’espace pour investir, et ainsi choisir vers où ils voudront aller », commente Emmanuel Commault. En tout cas, le groupe se dirige bel et bien vers une montée en gamme, et ce, à l’échelle internationale. Argument du prix de revient à l’appui...

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